Max AMEGEE, l’interview
On 25 août 2015 | 1 Comments

Aujourd’hui, sur La Croisée des Plumes, nous avons pu joindre le poète et peintre, Max AMEGEE, qui a accepté de répondre à nos questions…

La Croisée des Plumes : Mr AMEGEE, qui êtes-vous ?
Max AMEGEE : Fils de Paul et Lydia AMEGEE, je suis d’origine togolaise. Je suis diplômé en Droit et en philosophie. La rue m’a beaucoup formé aussi.

La Croisée des Plumes : Quel est votre métier ?
M. A. : Je suis avocat du barreau de Paris. Je pratique essentiellement droit des affaires, de la propriété intellectuelle, TIC, droit de l’image et du droit pénal.

La Croisée des Plumes : Avez-vous toujours eu envie d’être artiste ?

La danseuse du Cosmos

La danseuse du Cosmos © Max AMEGEE

M. A. : Oui, depuis ma tendre jeunesse.

La Croisée des Plumes : Comment vous est-il venu l’idée d’écrire de la poésie et de peindre ? À quel âge avez-vous commencé ?

M. A. : Dès mes premières lettres d’amour (rires). Mais c’est devenu plus sérieux lorsqu’en classe de première, Iréné Adovi Ankrah, mon professeur de français, nous apprenait à composer des poèmes. J’ai continué tout seul ensuite, car j’ai quitté Lomé une fois mon probatoire en poche.

La Croisée des plumes : Quand écrivez-vous et quand peignez-vous ?
M. A. : Le week-end et certaines soirées calmes.

La Croisée des Plumes : Parlez-nous de vos œuvres.
M. A. : J’ai publié à ce jour Karukera, la monnaie du nègre (2009), Passionnément entre rêves et sanglots (2012), Résonances (2013)
J’ai participé à deux collections INTUITIONS (2010) pour Haïti et Souffle du monde (2012). Quant à la peinture, je ne saurais énumérer mes toiles ici. J’ai déjà exposé une centaine de tableaux en France, en Allemagne et au Togo. L’expérience continue.

Autour des livres :

La Croisée des Plumes : Qu’aimez-vous lire ?
M. A. : Tout ce qui me tombe sous les yeux. Même si ma préférence pour les contes et la poésie est avérée, elle n’a jamais limité le plaisir que j’éprouve à lire tout qui est beau et instructif.

La Croisée des Plumes : Votre artiste préféré-e ?
M. A. : J’aime tellement l’art que je crains ne pas avoir d’artiste préféré. Inventer un modèle pour les circonstances serait une gageure. Ce qui compte pour moi le plus c’est l’art et pas seulement l’artiste. J’ai juste une grande admiration pour l’œuvre de Paul AHYI, de Van Gogh, de Bob Attiso et de mon frère Mario AMEGEE, champion du monde de la sculpture sur glace et bien d’autres.

La Croisée des Plumes : Les livres qui vous ont donné envie d’écrire ?
M. A. : Le discours sur le colonialisme et Le Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire, Coups de pilon de David Diop et Antigone de Sophocle.

La Croisée des Plumes : Le livre que vous offrez le plus souvent ?
M. A. : Il y en a plusieurs : Peau noire, masque blanc de Frantz Fanon, Du contrat social de JJ Rousseau, Le prince de Machiavel, Candide de Voltaire, L’étranger d’Albert Camus, et L’aventure ambiguë de Cheikh Amidou Kane.

La Croisée des Plumes : Le livre qui vous a fait pleurer ?
M. A. : Je l’attends toujours…

La Croisée des Plumes : Le livre qui vous fait hurler de rire ?
M. A. : L’avare de Molière

La Croisée des Plumes : Le recueil de poésie que vous avez écrit le plus rapidement ?karukera
M. A. : Karukera, la monnaie du nègre. Je me retrouvais aux Antilles pour la première fois. L’émotion de l’homme noir que je suis sur cette terre qui est « l’épicentre » même du mal nègre a fait jaillir ce recueil. J’ai écrit le poème « Karukera » contenu dans ce recueil en 8 heures, le temps du vol. Le reste est venu très vite. Le comité de lecture avait plutôt bien accueilli mon manuscrit et Karukera, la monnaie du nègre, a été publié dans la foulée, aux éditions Le Manuscrit.

La Croisée des Plumes : La poésie que vous auriez aimé écrire ?
M. A. : Celle qui me ferait ressembler à un poète. Un poète étant celui qui parle avec le cœur et qui ne sait pas déguiser sa pensée. C’est celui qui porte le monde sur les épaules, qui dit « je » en parlant de « d’elle, lui », « d’eux », « vous », et « nous ». Le poète est un messager cosmique au service de la vérité qui parle pour tous en s’offrant en cobaye. Quand je répondrai à ces critères, alors j’aurais réussi ma poésie.

Sur la littérature togolaise :

La Croisée des Plumes : Que pensez-vous de la littérature togolaise ?
M. A. : La littérature togolaise est une littérature riche et de qualité. Elle est en expansion ; cependant, il souffre d’un manque de visibilité.

La Croisée des Plumes : Quels sont les auteurs togolais que vous avez lus et quelles sont vos relations avec ces derniers ?
M. A. : J’ai lu Rita Amendah, Sénouvo Agbota-Zinsou, Efoui Kossi, Joseph Koffigoh, Edem Kodjo, Ernest Kavege, Koko Dzoka, Ella Bonin, Massow Koudouovoh, une certaine Naomi Ajavon (sourire amusé), Jonas Siliadin, Kouévi Essénam… et je continue d’en lire.
Certains d’entre eux sont mes amis ; une chose est sûre : ils sont tous des frères et sœurs que je salue au passage.

La Croisée des Plumes : Un conseil à l’endroit des jeunes auteurs/artiste ?
M. A. : Je ne suis pas donneur de leçons de conduite, toutefois, fort de ma modeste expérience, je me permettrais d’encourager mon prochain.
L’art coûte cher à l’artiste ; l’écriture et l’édition soumettent l’écrivain à de rudes épreuves. Cela peut bien démotiver quand les moyens matériels sont limités, quand les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes. Mais le message à passer est plus important. Ne l’oublions jamais. Baisser les bras c’est enterrer l’effort tout vif.
Il faut rester soi-même et fidèle à ses convictions et principes ; d’écouter sa propre inspiration et éviter de s’engoncer dans l’euphorie qui, parfois, s’accompagne d’une certaine vanité. Il n’y a aucune gloire à parler à ses prochains. C’est juste un geste humain. La maîtrise des langues étrangères dont le français est une chose, mais la pensée est sans prix et par conséquent sans brevet. La pensée humaine n’est un fonds de commerce. La vie d’auteur ou d’artiste est une aventure-découverte, un apprentissage soutenu, une formation continue. Cela appelle l’humilité.

La Croisée des Plumes : Que pensez-vous du plagiat en littérature ?
M. A. : Le plagiat est une insulte à l’intelligence et au talent.

La Croisée des Plumes : Outre vos recueils de poésie, quel peut être votre apport pour la littérature togolaise ?
M. A. : J’ai eu l’opportunité de participer, tant soit peu, à la réalisation de plusieurs livres d’auteurs togolais et à des manifestations littéraires de tous genres. J’ai préfacé quelques ouvrages dont certains sont d’auteurs togolais. Je participe de façon active à la création de cercles et d’ateliers d’écriture depuis 1991 avec CSL (Club scientifique et littéraire) et en 2013, Ô chœurs de mots ! qui réunit essentiellement des Togolais. Je suis membre de plusieurs cercles internationaux de poésie. Bref je marque ma disponibilité pour la littérature.

La Croisée des Plumes : Un Coup de cœur ?
M. A. : Et demain l’Afrique d’Edem Kodjo

La Croisée des Plumes : Un autre projet pour bientôt ?
M. A. : Mon prochain ouvrage est prévu pour le mois d’octobre.

La Croisée des plumes : Un mot à vos lecteurs.
M. A. : Merci de leur délicate attention et à très bientôt !

Merci de votre disponibilité,

Pour La Croisée des Plumes
Naomi Ajavon

Découvrez les œuvres de Max AMEGEE sur sa page Facebook.

Comments1
Ina Mawuyram Keoula Posted 1 septembre 2015 at18 h 52 min   Répondre

J’aime beaucoup la modestie de ce grand homme Max. J’ai une grande admiration pour sa personne et pour ses œuvres

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