Lauren Ekué, Black Attitude # 1 RO$E
On 30 octobre 2015 | 0 Comments

Black Attitude #1 RO$E crie. PARIS est le premier mot. À lui seul, on a une phrase, on a le livre. Il nous plonge directement dans le vif du sujet, mais, en même temps, contraste avec le titre du roman, so English !
Au début, on fait face à des phrases très françaises, courtes et ciselées. On plonge dans Paris. Le Paris glamour, le Paris bling-bling. Le Paris des robes de créateurs, le Paris des Gucci, des Versace… Le Paris où Romanée Conti ne manque pas au petit déjeuner et où Veuve Clicquot étanche la moindre soif ! Le tout, grâce aux très nobles enfants d’à fric, des progénitures des dirigeants dictateurs d’Afrique et de leurs acolytes. Rose avoue. Le montant de notre fortune équivaut souvent à la dette extérieure de certains pays africains. D’autres avancent des sommes records situées entre 5 et 12 milliards de $ . (P.23) Pshitt, parfum Dior oblige ! Paris brille de mille diamants d’Afrique. On nous dit que l’Afrique est pauvre. Really !?
Le ton est donné, le langage djeun’s et cru. Âmes sensibles, s’abstenir.
Au fil de la lecture, j’eus la révélation : le titre du roman – ah, j’ai oublié de vous dire, c’est un chick litt’, comprenez un roman écrit par une femme, pour les femmes. Mais un homme peut le lire aussi hein !? J’en connais qui adoreraient ! OK. Je disais que le titre du roman allait parfaitement avec le contenu. Cette langue française que nous malmenons à longueur de journée, puis finalement, on ne sait écrire ni le français ni l’anglais que nous lui assenons à coup de marteau –piqueur ou pas. Si seulement les anglophones pouvaient faire pareil… pensé-je honteusement en continuant de plus belle, ma lecture.
Alors, vous voyez le genre ? Un roman pour nous les femmes. Qui n’aime pas une journée shopping où on tchipperait le banquier à chaque coup de carte bleue où le lecteur afficherait « Paiement accepté », lève la main ! Mais, ici, ce sont les billets de dollars, avec plusieurs €uros, oups pardon, plusieurs zéros à droite, qui s’envolent sans rendu monnaie. Et le sexe à gogo. À quoi servirait l’argent s’il n’y avait pas le sexe à séduire?
Puis Rose tombe amoureuse et vous serez d’accord avec moi que ce ne serait pas avec le premier venu qui vit en banlieue dans la cité d’à côté dans un HLM. Ceux-là sont souvent nés ici avec, semble-il, une éducation racaille – une éducation low cost dans leur cité-dortoir selon la narratrice (P. 77). Mais elle aime se confier à lui. Il sait écouter. Il l’envie. Rien à voir avec les jetsetteurs filles et fils à papas pilleurs d’Afrique qui seront toujours Noir-e-s aux yeux des Blanc-he-s quelle que soit la quantité de diamants rouges dilapidés. Nan ! Et puis quoi encore ?

L’Afrique ne badine pas avec le mariage ! J’ai a-do-ré cette phrase de l’auteure. Et nos parents nous ont transmis le virus. Mais, Dieu merci, on se soigne, doucement mais surement.

On n’aime dire en Afrique que « tout se paie ici bas », nos chers dirigeants continueront-ils à se la couler douce ?

Toutes ces choses que l’on voit et que l’on pense haut et fort sans oser la ouvrir, écrit noir sur fond ivoire, publié aux éditions ANIBWE.

Bref, mon but n’est pas de vous résumer ce roman. M’enfin… si, un peu quand même ! Mais je ne vous dirai plus rien, tcho ! C’est dans ma bouche vous voulez sentir piment ? Lisez, incrustez-vous dans Black attitude #1 RO$E de Lauren Ekué, vous me direz ce que vous en pensez.

Même si Lauren Ekué nous dit s’inspirer des auteures afro-américaines pour ses œuvres, inutile de chercher à rapprocher le style de Black Attitude de quelque roman que ce soit surtout si vous êtes branché-e-s classique. L’auteure nous met en garde dès le début livre par une citation de Miriam Tlali : Les écrivains apprennent à écrire en s’inspirant de leurs prédécesseurs. Mais moi, j’ai beau chercher de manière frénétique, j’ai buté sur le néant .

En quatrième de couv’

« Rose et ses amis sont les terribles et richissimes enfants gâtés de redoutables despotes africains. L’amour, la fête, le shopping et les intrigues politiques rythment le quotidien de leur vie fastueusement parisienne.

La géoplitique viendra-t-elle menacer leur bonheur ?

Rose réussira-t-elle à faire briller autour de son poignet un homme plus séduisant qu’une paire de menottes en diamants ? Pschitt, parfum…

Black Attitude # 1, reprend avec humour et dérision les codes de la chick litt’ pour mieux livrer certaines déraisons d’un couple maudit : la France Afrique.

Un récit pimenté d’anecdotes réelles.

Un exercice de style surprenant.

Et une prise de conscience hallucinante et complètement bling pour ce livre qui s’inscrit dans la veine d’Icône urbaine paru en 2005. »

Leave a reply

  • More news